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: L'ABSENTEISME: UN INDICATEUR SOCIAL DEPASSE?

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  20 Décembre 2012 posté le 20/12/2012 à 08:09

L'ABSENTEISME: UN INDICATEUR SOCIAL DEPASSE?

Qu’il semble loin le temps où des entreprises se targuaient de ne pas dépasser les 3 % d’absentéisme hors congés et formations, 3% d’absentéisme maladie. Qu’il semble loin le temps où ces entreprises en faisaient un dogme de bonne performance et n’hésitaient pas à s’attirer les foudres des syndicats, et pourtant ce temps pourrait revenir et qui s’en plaindrait ?


« Être malade est une possibilité mais être présent est un devoir. » Combien avons-nous été de consultants, RH, dirigeants, empreints de cette sentence héritière de la vision sociale de la relation au travail… Des centaines qui considéraient que le dépassement d’un seuil physiologiquement acceptable correspondait à une rupture, tacite, du contrat de travail. L’absentéisme maladie « normal » était estimé à 1 %, 1,5 % auquel nous ajoutions 0,5 % de conditions météorologiques particulièrement pénibles (Tchernobyl étant passé par là !) et 0,5 % de laxisme managérial acceptable pour parvenir à 2,5 % de taux incompressible. À 3 % les entreprises de pure main d’œuvre et à moins de 10 % de résultat, s’estimaient heureuses alors que d’autres, qui margeaient plus, dépassaient allègrement les 8-10 %.


Inexorablement, cette croyance génératrice de mesures phares comme l’entretien de retour d’absence s’est estompée au fil de l’émergence des risques psychosociaux, de la peur du harcèlement et de la déliquescence de l’autorégulation morale du collaborateur. Le présentéisme n’est plus apparu comme l’obligation générique de respect du contrat, ni comme une valeur fondatrice du comportement dans une organisation. Les jeunes ont été accusés d’exporter de mauvaises habitudes prises dans le milieu scolaire et les anciens de fuir la pénibilité du travail et une répétabilité stressante.


Très récemment, une sommité médicale doublée d’un sociologue osait écrire et affirmer que les entreprises qui luttaient contre l’absentéisme commettaient une erreur et étaient moins performantes tout en détruisant le respect et le lien social.


La ponctualité est un indicateur essentiel à suivre


Les concepts d’absentéisme et de présentéisme sont brouillés de nos jours car nous parlons de présentéisme pour évoquer des personnes physiquement présentes, mais mentalement absentes. Il s’agit de décrire un phénomène où l’identité ne se retrouve plus dans l’entreprise mais dans des sphères plus attractives : les réseaux sociaux, les techniques nouvelles de communication, les liens sociaux externes plus forts que les liens culturels et économiques portés par l’entreprise. De la même façon, nous constatons que plus de salariés s’absentent, en partant du principe qu’ils ont le droit de rééquilibrer la réciprocité perçue du contrat qui les lie à l’entreprise, en privilégiant leur vie personnelle, leur collectif de cadre de vie, leur passion et plaisir.


La fluctuation de la ponctualité au travail est un indicateur majeur des paradigmes d’un salarié, c’est-à-dire de la représentation inconsciente qu’il se fait de son entreprise et de sa place personnelle dans cette entreprise. Il est vain de s’en prendre continuellement aux médecins complaisants. Il apparaît plus pertinent de faire de la ponctualité une mesure essentielle du niveau d’engagement d’un salarié (sa solidarité avec les objectifs de l’entreprise) et de la réalité d’existence d’une sociabilité minimale (le partage de valeurs et d’enjeux avec d’autres).


L’entreprise doit agir


De nos jours, une entreprise se doit d’utiliser la ponctualité et l’assiduité comme des parties fondatrices du contrat de travail, des droits et devoirs et en faire une mission de ses managers.
Cela consiste à les mesurer régulièrement, à les installer comme basiques et règles, à les afficher en permanence, à les sonder pour comprendre, à les aborder volontairement avec les partenaires sociaux, à les positionner comme des sujets de réflexion et de co-construction quant à l’attente de l’acceptable, à les intégrer dans la reconnaissance des managers, à oser les valoriser vis-à-vis de l’extérieur.



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